

et ci-dessous tout ce qui a été coupé de la présentation (GRRRRR)
Des fous en diagonale !
147km, plus de 9000m de dénivelé positif, 2400 inscrits, des écarts de températures de 30° entre la nuit sur les hauts et le jour en bords de mer, les chiffres à eux seuls donnent le tournis aux engagés sur la célèbre « Diagonale des fous »
Référence en matière de « trucs de fous » la diagonale réunionaise ne désemplit pas. Le 23 octobre à minuit pile, le sourire aux lèvres, ils s’élanceront du sud sauvage à la lueur de leur lampe frontale en direction du stade de la Redoute à St Denis. 150km à parcourir à travers l’ïle, 9000m à grimper certes, mais aussi 9000m à descendre. Et les aficionados du genre le savent bien : on peut toujours trouver le moyen de continuer à grimper, en marchant, grâce aux bâtons, ... mais on ne peut pas faire grande chose contre des quadriceps en béton, et qui hurlent à chaque nouvelle marche dévalée en direction de Cilaos ou autre point névralgique du parcours. Pourtant les barrières horaires sont impitoyables pour celui qui flanche trop tôt, et il n’est pas question de s’arrêter pour une sieste réparatrice, sous peine de se réveiller hors course. Les derniers mettront ainsi 63 heures à boucler le périple. Chasse gardée des locaux qui n’apprécient guère qu’un « zoreille » pointe le bout de ses chaussures en quête d’une victoire, la Réunion combine tous les facteurs qui rendent la course incertaine au plus haut point : distance, dénivelé, technicité du terrain, conditions météorologiques, et même parfois, des tracés …aléatoires dits « chemins marrons » souvent plus bénéfiques aux locaux . La jumelle de l’Ultra Trail du Mont Blanc se révèle bien différente. Combien sont-ils à jurer qu’on ne les y reprendrait plus, y compris parmi les vainqueurs, et à revenir les années suivantes, comme ensorcelés par les laves du piton de la Fournaise ? Mafate, Cilaos, Salazie, les trois célèbres cirques de la perle de l’Océan Indien se marrent d’avance de voir débouler cette joyeuse bande de bipèdes soudainement beaucoup moins sautillants à leur approche. Pas sûrs que tous les concurrents rigolent autant aux passages les plus escarpés. Des joyeux clowns au sourire grimaçant et qui auront plutôt l’impression d’avoir été jeté soudainement dans la cage aux fauves. Mais comme la grande parade finale est promise somptueuse, il leur faudra se muer en félins pour être de vrais « fous ».
Luc Micoud
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire